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mercredi, juin 29, 2005

Émission de 29 juin

Super bonne émission (toute en sagesse) aujourd'hui ! Merci d'avoir été là !

Les textes:

La mémoire, de Daniel Giguère
Entre vouloir et être, de Mathilde Cazelais aka Mamathilde
Vitesse, de Nicolas
Suis-je normale docteur ?, d'Anne Archet
Sans titre, d'Olivier
Renaissance, de Sauterelle (sur Colectivo)

Tu te souviens Éric, d'Yza

Tu te souviens Éric …

La première fois qu’on a touché le rivage ensemble, tu m’as dit « qu’est ce que je vais devenir si un jour tu ne veux plus de moi ». Au secours, toutes mes barrières se sont dressées, j’avais envie de vomir comme d’autres de fuir. Mais là, tu étais dans mon refuge. Impossible de quitter le bateau. Et bien, je n’avais pas compris, juste tiré l’alarme par réflexe. Tout était clair, explicite, la ligne toute tracée. Je t’autorisais à me rencontrer dans le plaisir. Tout autre signe de rapprochement était interprété comme une faiblesse, une dépendance affective mal soignée, l’émergence d’une ancienne blessure. Aucun compromis possible, l’abonné est parti sans payer la facture. Et évidemment, le jour est arrivé assez vite. Rien à voir avec toi, histoire entre moi et moi, envie de passer à quelque chose de plus intense.

« Salope !!!! » , tes maux résonnent encore dans ma tête, tant de véhémence, tant de rage. Je n’ai pas compris comment j’avais réussi à te toucher en donnant si peu. Naïve et idiote, j’étais persuadée qu’on allait célébrer la mort annoncée de notre relation dans la luxure et le vice. Rien, un grand rien, un rien qui se prend pour un vide.

Aujourd’hui, je comprends. J’ai chaussé tes docs. Il me regarde avec ce demi sourire de chasseur comblé. Hey, personne ne lui a dit que c’est moi la guerrière. Rien à raconter de nos échanges, et pourtant. J’ai le vertige, attirée et apeurée par le précipice. Arrêtez tous de me dire que je devrais le bouffer comme les autres. C’est comme certaines questions ( vive le 24 juin), les réponses sont connues, les dés pipés.

Il sait.

Alors je le garde, dans mes fantasmes, juste pour moi. Je reprends le contrôle. Un petit pas en avant et une belle promenade en arrière. Non, non, je ne rationalise pas. Il y a des émotions qu’il vaut mieux savourer à petites doses.

Désolée Éric, tu as jeté ton dévolu sur la mauvaise âme. Je n’avais rien de plus à t’offrir que le goût salé de nos ardeurs, le goût amer s’est insidieusement substitué à mon insu.

Toi mon chasseur, tu as appris à frapper avant d’entrer. Maintenant pars sans bruit et laisses la porte entrouverte, j’observe les passants.

En musique:

Bombe à talons hauts de Plywood 3/4
Le ciel gris de Catherine Major
26 décembre dans un centre d'achats de MAP
J'ai un bouton sur le bout de la langue de L'ère d'Armand Guidon
Mi Volki de Balthazar
Dance 4 de Kiss me deadly
Les belles filles dans le métro de 3 gars su'l sofa
L'amour qui nous soûle de Série B

Merci encore d'avoir été là ! À la semaine prochaine !

mardi, juin 28, 2005

Merci Evlyn !!!

Un gros merci à Evlyn pour ce super dessin de moi et de tous mes maux de blogs préférés !

Demain !

Demain à l'émission, des textes de:

Daniel Giguère
Anne Archet (mieux connue sous le nom de petite mère des peuples et grande timonière des masses ahuries)
Sauterelle
Yza
Mathilde Cazelais aka Mamathilde
Olivier
Nicolas

À demain !

mercredi, juin 22, 2005

Émission de 22 juin

Hishhh ! Yayksss ! Ce fut un peu long avant que la voix (et surtout l'esprit) ne me revienne ! Sorry !

Les textes:

Letters to Memphis no 30 de Frédéric Rappaz
Antre de l'étrange anti-vie de Suki-Sx
Le bonheur te paresse de Roby Barrette
Ça sent la fin de la coupe d'Isabelle
À coeur ou[vert] de Vizckÿ
Réponse à s.o.s. (et la poésie) de Tony Tremblay

La terre est plate de Matthieu Simard

Et si la terre était aussi plate que ta vie ?

La première fois que tu te fais arracher les veines une par une, la première fois que tu te fais briser le coeur, tu comprends rien. T'as quinze, seize ans, ta vie souffre plus que toi. Tu regardes les choses aller, spectateur de ta peine d'amour, tu découvres, t'apprends, t'as peur de rien, juste un plissement dans ton égo. T'as l'égo en blocs, l'instant d'un instant, mais ça passe. Tu sais pas qu'à l'avenir, les prochaines fois, ça va être tellement plus souffrant. Tellement pire. Toujours pire, de plus en plus. Comme le gars dans la locomotive qui voit les victimes au loin et qui ne peut pas arrêter, pas à temps, la voiture en panne au passage à niveau, les petits vieux pris dans la grosse Cadillac jaune beige, énorme mais si petite. Tout se passe au ralenti, un tremblement sonore à faire couler le sang sur les joues, et tu vois dans le regard des victimes, trop longtemps, la douleur en un frisson interminable, le blanc des yeux comme des nuages.

C'est comme ça quand ça fait huit fois que tu te fais crisser là, douze fois, mille fois. La douleur qui s'éternise, le sang le long de ta joue. Tu t'ennuies de la première fois, c'était tellement facile, parce que c'était nouveau. Il y avait la douleur sans la peur, et c'est la peur qui fait mal. La peur d'avoir mal, la peur d'être perdu à jamais, quand elle te dit « j'pense pas que ça va marcher, nous deux », quand elle te dit « faut qu'on se parle », quand elle te dit « je t'aime, mais je suis pas amoureuse de toi ». La peur que ce soit la dernière, qu'il n'y ait plus rien après, la peur que la terre ne soit pas ronde, qu'on se soit tous fait fourrés à l'école, et qu'elle soit plate, la terre, aussi plate que ta vie. Et toi, t'es rendu au bout du monde, comme ça, en une parole de fille sur qui tu trippes, qui veut plus rien savoir de toi. Tu fais quoi ? Tu plonges dans le vide, tu fais demi-tour, tu t'assois sur le bord en attendant de mourir ?

La première fois que tu te fais arracher les veines une par une, la première fois que tu te fais briser le coeur, tu comprends rien. Ça passe assez bien, comme un paper cut qui brûle vite, que t'oublies vite. Tu te dis que c'est pas la fin du monde, ça va même te permettre d'en trouver une autre, et t'espères qu'elle va être mieux que celle d'avant. Mais plus t'avances dans la vie, plus tu vieillis, moins t'espères que la prochaine soit mieux que la précédente. T'espères juste qu'il va y en avoir une, prochaine. Tu veux pas mourir tout seul, tu veux pas être le loser de l'hospice, celui qui est tout seul sans être veuf, tout seul à cruiser les petites vieilles, à espérer que tu pognes parce que t'as une grosse Cadillac jaune beige.

C'est pour ça que ça fait mal. Parce qu'en une seconde, tu t'ennuies du passé, et t'as peur de l'avenir. Une seconde avant, tu pensais pas au passé, tu trouvais ton présent assez poche, et tu te disais que l'avenir pouvait juste être mieux. Et puis là, pouf, quelques mots de ses jolies lèvres, peut-être une larme sur le coin de son cil, pis ton avenir prend le bord, ton avenir qui pouvait juste être mieux, comme ça, devient ton avenir qui te terrorise.

T'es assis au bout du monde, tu attends de mourir, pis tu trouves ça tellement ironique. Tu souffres de t'être fait crisser là, et en même temps, t'as peur que ça t'arrive plus jamais, que t'aies plus jamais la chance de te faire crisser là.

Estie que t'es cave.


Interlude à la solitude de Coyote Inquiet

Fallait bien que ça finisse par arriver. Elle revenait de son cours. Ils avaient appris quelques pas de tango. Lui fallait un partner. Elle m’enseigna les pas. Puis la position. Main droite sur l’omoplate.

- Pas comme ça. Reste détendu… C’est l’homme qui leade dans le tango…
- …

J’ai leadé ça jusque dans ma chambre à coucher avec un o-soto-gari comme dernier pas. Cette fois-là, elle ne s’est pas débattue ni ne s’est esclaffée en s’esquivant. Elle me dévisageait de ses grands yeux effarouchés, avec ce quelque chose du chevreuil, inquiets et impatients face à la suite des événements. Moi je ne la connaissais que trop, la suite des événements – depuis le temps que j’en rêvais. Elle a bien protesté un peu pour la forme. Mais lorsque j’ai senti son cou qui commençait à se tortiller pour mieux s’offrir, comme des plages du sud au soleil ou à l’ouragan, j’ai su que j’avais gagné. Finalement, elle s’abandonnait. Vaincue. Par mon obstination, mon entêtement, ma persévérance ? Par ma passion, mon amour pour elle ? No se. Puis j’ai senti son odeur de femme émanant de sa chevelure, comme un sous-bois humide au temps des champignons. J’ai plongé dedans comme si je voulais me noyer. Elle a émis un son doux comme le vent dans les frondaisons. On s’est observé, immobiles sur le fil de fer du temps, et dans son regard j’ai perçu la naissance du monde aussi distinctement qu’une toile lumineuse qui retiendrait toutes les particules de l’univers ou tous les êtres entre eux. Et ce sont les yeux qu’elle a refermé qui m’ouvraient cette porte universelle. Nos mains se sont serrées comme des racines se disputant l’eau.. Il y avait trop de passion pour un seul coeur : il nous fallut être double comme les flotteurs d’un catamaran pour supporter le souffle brutal qui nous propulsait vers l’horizon inédit - jamais atteint - jamais assouvi. La chemise a coulé sur sa peau alors que mon cœur avait depuis longtemps glissé sur la glaise. Son corps enfin offert comme la saccharine au colibri, comme l’ozone au siècle, la révolte à l’idéaliste. J’ai fouillé partout, comme un cartographe dément, déterminé à arpenter la surface entière des continents. Des plaintes se sont élevées et le regard d’un enfant qui s’endort a traversé la beauté de son visage. Et tout n’était plus que volupté, sensualité, et nous roulions l’un sur l’autre comme ciel et nuage. Et l’automne s’est installé sur le visage de Sarah-Lyne et c’était le plus bel automne que je n’avais jamais vu et j’ai encore une fois cherché à en parcourir toutes les orées. Puis on s’est redressé comme des chiens des prairies ou des tamias surexcités et on a retiré toutes les entraves textiles à nos gestes de feu et d’eau, le fado de la nuit des temps de la femme et de l’homme, comme si le sort du monde en dépendait, comme si c’était nos dernières secondes à exister, comme si nous avions déjà perdu tellement de temps avant l’amour, avant de naître et de vivre pour vrai, comme une ombre s’enfuyant de l’aube, comme si la vie tout juste saisie menaçait à de s’écouler à tout moment dans l’entre-doigts comme un sel blanc du Yucatan, brûlant et trop libre pour la main maladroite de l’homme. Puis ses seins et son sexe ont lancé l’appel de tous les feux du monde et le lit, la chambre - Paris ! s’est embrasée et nous avons tous deux dansé, païens au sabbat des sens quelque part entre les portes hurlantes de l’enfer et la félicité du ciel. Puis je goûtais ses cheveux interdits sur ma langue comme des carex à l’interface des Fleuves, et ils sont devenus l’espace d’une saison la tente de notre intimité, la plus cossue des villa pour notre noce. Puis comme le cri des goélands qui s’élèvent dans l’azur, hurlants leur vertige et leur faim sans répit, nos noms chuchotés ont frémis de tous les cold turkey possibles, vibrants, grinçants comme des cordes violons, et je me suis mis à ramer de toutes mes forces pour aller la rejoindre alors qu’elle s’enfuyait, indifférente, toujours plus haut, toujours plus loin de nous deux. Puis je me souviens que ma conscience s’est fracassé comme un cristal d’Atlantide sous l’éblouissement d’un soleil du dernier solstice. Comme l’aveu d’un condamné juste avant l’injection, ne me restait qu’à lui admettre mon sentiment avec le seul mot qui le décrivait. Puis j’ai vu de minuscules limaces d’argent ramper sur ses joues comme l’enfantement d’une source et puis ça, je peux vous le jurer, elle l’a dit au moins une fois en me regardant droit dans la prunelle de l’âme avant de m’enlacer de plus belle. Elle l’a dit au moins une fois elle aussi : qu’elle m’aimait. Et comme le chant d’une armistice trop longtemps attendu et que reprennent en chœur et jusqu’à la migraine tous les clochers libérés d’un pays, je crois que mon âme a elle aussi soupiré, enfin apaisée. Et je me suis couché sur le dos et elle a aussitôt échouée sa tête trempée sur mon épaule et, sous la brise de nos souffles tièdes, je me suis senti le plus heureux des hommes, plus heureux que le mot bonheur même. Seul le silence savait transcrire le pouls de l’univers que j’entendais maintenant et que Sarah-Lyne venait de me faire entendre aussi distinctement que dans un stétoscope. Seul le silence. Et encore !

C’est très rare, mais il arrive que ça soit comme ça la vie : parfait.

En musique:

Tu n'as pas voulu de Télémaque
Sour times de Portishead
Compost moderbe de La descente du coude
A des Vulgaires Machins
C'est de l'art bébé de Navet Confit
Félin perdu de Chocolatine Express
Là de Jean-François Fortier

La semaine prochaine, je promets de rester sage la veille !

-(On fait pas de promesses qu'on est pas sûr de tenir Patrick !!!)
-(Euhhh...)

mardi, juin 21, 2005

Demain !

Demain à l'émission, des textes géniaux de:

Frédéric Rappaz
Suki-Sx
Coyote Inquiet
Roby Barrette
Isabelle
Matthieu Simard
Vizckÿ
Tony Tremblay

À demain !

mercredi, juin 15, 2005

Émission du 15 juin 2005

L'émotion était à couper au couteau aujourd'hui non ? Ça devait aller de pair avec tous ces nuages en basse altitude...

Les textes:

Le dernier wagon de Léa L'Aphaule
Bonheur de Valérie
1 d'Alexie
Écriture automatique tac toe de Jean-François Domingue
La balle au bond de Colères Essentielles
Montagnes Russes de Dipat

Toute ma vie... d'Alexandre Beauchamp

Toute ma vie… c’est arrivé, c’est passé, c’est resté… ça m’a démoli.

Toute ma vie je l’ai passé à chercher LA personne. Celle qui me complète, celle qui m’incomplète, celle qui me décomplète.
Toute ma vie je l’ai passé à combler un manque, un vide. Une blessure béante qui ne demandait qu’à se refermer, se cacher.
Toute ma vie je l’ai passé, je l’ai futur mais jamais je ne l’ai présent.

Toute ma vie je l’ai passé à chercher sans toutefois trouver. Dans chaque personne, je LA voyais, je LA sentais, je LA tendais.
Toute ma vie je l’ai passé à m’aveugler à sonder toutes les personnalités. A me voir dans leur tête, dans leur bras, dans leur cœur.
Toute ma vie je l’ai passé à me blesser en LA cherchant. Partout et nulle part à la fois, je m’intéressait, me désintéressait, je m’accrochais.

Maintenant que c’est arrivé, je suis nostalgique, je suis illogique. Je cherche les erreurs commises, les erreurs incomprises.
Maintenant que c’est arrivé, je vois bien que je ne voyais rien. Je LA cherchais. Cette personne qui m’attirait, qui me retirait.
Maintenant que c’est arrivé, je me sens allégé mais ralentit par les nombreuses fois où j’ai omis de me laisser aller.
Maintenant que c’est arrivé, je ne cesse d’être tourmenté par le pire des crimes. Le regret. A la fois du rejet et de l’incomplet.

Maintenant que c’est arrivé, c’est là pour rester. Contre toute attente, je me complète dans l’attente qui… maintenant que c’est arrivé.

Miss B.

J'y suis
La porte vient de s'entrouvrir. J'y suis. Oui mon ventre. Oui tes mots. Un petit feu dans les entrailles.

Que puis-je?

Assise, droite. Je m'impatiente, j'ai mal au dos. On ne s'est jamais vus, en fait si un peu, du coin de l'oeil, une ou deux photos sur le web. Pour moi, tu portes toujours un chandail bleu et le vent souffle dans tes cheveux. Pour toi, les miens doivent être longs et mouillés. Mes yeux sont fermés : je ne veux pas te voir tout de suite.

Un moteur, Une veille bagnole; un pick-up? S'arrête au comptoir de la grosse concierge. La porte - dreling - et l'odeur d'ail te frappe au nez. Regard approbateur de la vieille, la clef déposée sur l'arborite du comptoir, le télé en arrière plan (une reprise, Oprah peut-être? Des gros se réconcilient. Elle a de l'empathie pour les âmes qui gigottent dans son petit écran noir et blanc.) Elle te fait les salutations d'usage, une signature.

Dreling - la porte derrière toi.

Tes pas en crescendo. La neige crispe sous tes semelles. Je n'arrive pas à distinguer ce que tu portes. Clique - clique chevillette. Le vent froid sur mes pieds nus, mes yeux fermés, ton silence. La porte se ferme.

Dans ma noirceur insoutenable, je me demande quand j'entendrai ta voix. Et à quel moment tu feras sortir la mienne. Je me suis jurée de ne rien dire, juste pour voir combien de temps je te tiendrai en haleine. Combien de temps je voudrai mon silence.

Tu t'assoies devant moi, sur la chaise que tu viens de tirer. Renifle, les jambes ouvertes, te penche, les coudes sur les cuisses, la tête vers moi. Je t'entends respirer. Mais rien. Tu fais silence avec moi. Peut-être as-tu aussi les yeux fermés? Tes vêtements craquent vers le sol pour te suivre, à genoux. Rien d'autre que ton souffle ne me parvient à l'oreille. Que fais-tu? Tu renifles une seconde fois. Immobile. Le moment est trop fragile : c'est le premier. C'est celui qui liera nos viscères, ou celui qui nous prouvera le ridicule de cette rencontre.

Tes mains se posent sur chaque côté de moi. C'est le premier indice que j'ai de ton poids. Es-tu grand? Le lit s'écrase sous lui, lorsque tu te lèves enfin. Debout devant moi, je ne lève pas la tête mais j'ai peine à ne pas cacher mes poumons qui s'agitent lentement. Je suis d'un naturel assez calme. Et voilà les doigts de ta main qui se glissent dans mon cou, le pouce longe ma mâchoire, me bascule légèrement la tête pour que je t'offre mon oreille, ce qui fit trembler mon inspiration.

- Je dois quitter pour ce soir. Bonne nuit, Miss B.
(Ta lèvre effleure mon lobe sur la syllabe du B)

Ce soir je ne connaîtrai pas encore ta voix puisque cette phrase, tu l'as chuchotée. La main lâche prise, le corps se recule jusqu'à la porte, se retourne, décidé. La porte se ferme, les pas s'en vont vers la grosse bagnole. Un pick-up? Une voix étouffée par la carrosserie t'accueille de l'intérieur.

Wam bam. Moteur, marche arrière. Tu t'en vas dans la nuit et tu as laissé un chaudron sur le feu.

En musique:

Y fait beau de Pépé et sa guitare
Yolande Wong d'André
La pièce / Baby Blues de Vincent Vaillières
L'Océan de Monsieur Mono
Lost in the plot de The Dears
Si t'achètes pas tu crèves (les moteurs à explosion remix) de Jérôme Minière
Bataille de Caïman Fu

Un gros merci d'avoir été des nôtres ! À la semaine prochaine !

mardi, juin 14, 2005

Demain !

Correction de dernière minute...

Dû à des circinstances exceptionnelles, l'entrevue avec Jean-Philippe Bergeron a été reportée à une date ultérieure. Ceci étant dit, il y aura quelques auteurs de plus au programme. Donc, demain à l'émission, nous aurons le plaisir d'entendre des textes de:

Léa L’Aphaule
Alexandre Beauchamp
Alexie
Valérie
Jean-François Domingue
Colères essentielles

Et si le temps le permet, peut-être un texte de Dipat.

À demain !

mercredi, juin 08, 2005

Émission du 8 juin 2005

Quelle bonne émission ! Je sais que je me répète mais maudit que vous avez du talent ! Ça me scie à chaque fois ! J'en suis presque jaloux ! ;-)

Les textes:

Ta gueule de Anya
Deux snobs en étreinte snob d'Alex
Le rond du poêle de Lumières
Mourir en silence de Catherine Roy
8 avril 2005, Le bilan de Sof
Il était une fois d'Emma Dörst

Criss d'engin / Crise d'engine et Raz de sol de Dominique Desbiens

CRISS D’ENGIN / CRISE D’ENGINE

Que me vaut l’honneur, professeur,
de savoir foie, cœur, poumons...
et pourquoi d’ailleurs?

Si je sais ceci vital
et connais son angle vulnérable
un bien bon sujet en moi je découvre
à prêter la main à ma propre fin.

Un diable dompté par la science.
Fixée et abrupte, cette lucidité
éponge l’aphorisme, égorge le poète.

Condamnez-nous dès la naissance,
dépeceurs, éventreurs, violeurs d’innocence!

Que reste-t-il en profondeur
de la matière-lumière, l’imperceptible,
notre infini et les croyances et leur valeur?

J’ai perdu mon cosmos, il s’est enfui à la vue de vos
idées
et du côté de vos organismes ma matière primaire s’est
rangée.
Maintenant que je sais, je suis corrompu
et par ce que je sais, je suis perdu.

RAZ DE SOL

Ma tête est un ciel avec un trou dedans
Mon cœur est une ville et je suis perdu dedans
Mon corps est terrestre, je le sais trop
Mes idées s’entrechoquent contre les murs de ma ville
et éclaboussent mes humeurs.
Je voudrais coucher ces murs
Mais je ne peux que dormir dessus
Car mon corps est terrestre, je le sais trop.

Mon âme, accrochée par un câble à mon coeur,
s’est envolée par le trou et observe un monde
que même ma tête inondée ne pourrait comprendre.
Ce que je connais de la vie ne sont que des passages à
emprunter
ou des obstacles à éviter.
J’ignore tout du reste.

Je sais toutefois la pureté du ciel qui est en moi
Mais cette fumée que je perçois
Une forte odeur qui me fait croire
Que je me suis peut-être plantéSur le pied d’un volcan.


Du début des temps jusqu'à sa stagnation de Gabriel Charlebois-Plante

DU DÉBUT DES TEMPS JUSQU'À SA STAGNATION

Dans un monde libéré, je suis opprimé
Un livre fantôme
Me retrouve sous-titre
Dans lequel pourrais-je ne jamais m'animer

Fichu chromosomes
Je n'y pourrai, quelle vie brimée
Restons-nous nu face à ce foutu maître
L'engrenage me chrome

Ne regarde pas! la carcace de l'Antre
Un enfer comprimé
D'où naquit l'atome
Du narcisique et égoiste peintre

Le regard effacé
Lui l'incapable sous-réalisa l'être
Ressentez cet imperceptible symptôme
Niais,vous m'arimez

En musique:

La vie n'est pas qu'une salope de Yann Perreau
Monkey de Low
Les Dons Juans de Les Prostiputes
Tous ceux de ma race de Le Nombre
Dynamite de Les Goules
Hold-up de Karkwa
Purification parfaite de Nebulaw
L'axe du mal malaxé de La descente du coude
Les chères mains de Les Dandys Fauchés

La semaine prochaine, je recevrai le poète Jean-Philippe Bergeron en entrevue. Ne manquez pas ça !

Ne manquez pas le marathon de dessins du lancement de Kosmotron 3, jeudi le 9 juin de 21H à 2H du matin.

mardi, juin 07, 2005

Demain !

Demain à l'émission, nous aurons le plaisir d'entendre des textes de:

Anya
Alex
Catherine Roy
Dominique Desbiens
Lumières
Sof
Gabriel Charlebois-Plante

See ya !

mercredi, juin 01, 2005

Émission du 1er juin 2005

Allo !!! Je suis vraiment désolé pour le contretemps de ce matin. Putain de Windows de merde ! J'ai dû redémarrer l'ordi parce que Windows a fait planter Winamp ! Je déteste Bill Gates ! Ça a tout chambardé et bousculé l'émission. J'espère que vous avez quand même eu la chance d'apprécier les textes et qu'ils n'ont pas trop déboulé, incohérents, de ma bouche essoufflée. Des excuses toutes particulières à Alex que je n'ai pas eu le temps de lire. Je me reprends la semaine prochaine, promis.

Les textes:

La fiancée de Ted de Véronique Cyr
Il y a des matins de Daniel Rondeau
Lettre jamais postée de l'Homme du Néant
Lust de Julie Lacasse alias Lili Jack
Carroussel du martyre de BillyJazz
Sans titre de Anne-Marie alias Fourmi

En musique:

Périphérie de Gwenwed
Scotch de Fred Fortin
The last days of America de Creature
Haïti d'Arcade Fire
Complainte d'un produit de l'imagination de Jérôme Minière
Ferme la radio de Dumas

N'oubliez pas, vos commentaires et suggestions sont toujours importants et appréciés, même si c'est pour me shooter d'la marde ! ;-)

À bientôt !