On a un nouveau directeur des programmes à la station. Il me suggère fortement d'insérer un soutien musical au textes. On va donc faire des tests à partir de la semaine prochaine !
C'était différent et rigolo de faire ça en humour aujourd'hui non ?
Les textes:La machine infernale de Coyote des NeigesVive la mariée de Frédéric Le MayLettre no 4 de Daniel GiguèreLe guide pratique du condom de Stéphane Dompierre1er juillet 2000, France d'
Alexandre ChambellandAssis sur le sofa du salon, je scrute de mes petits yeux endormis un film insipide. Mais qu’est-ce que je fais ici déjà ? Ah oui le chat ! Il faut que je m’occupe de ce con de chat qui passe son temps à bouffer, dormir, sortir dehors rencontrer ses amis-chats et rentrer à point d’heure. Finalement, elle est pas si conne que ça cette petite bête. Un ouvre boite autour du cou et de bons réflexes et elle n’aurait besoin de personne.
Ça fait maintenant une semaine que je suis dans la maison de mes parents à jouer au garde-chat et je commence à en avoir mon voyage. Il n’y a rien à foutre ici à part se vautrer sur le sofa et vider le frigo soigneusement rempli par une mère trop mère justement. C’est décidé, je me casse dans une heure. Le temps de faire mon sac, de prendre la bouffe et de faire rentrer le chat.
- Minou, minou ! krkrkrkrkrkrkrtssssssstssss ! (Bruit de paquet de croquettes savamment agité histoire de faire sortir la bête de sa tanière).
Rien.
Tant pis pour toi mon pote, t’as raté le last call, je me casse !
De toute façon, tes maîtres rentrent demain. Tu leur feras une nouba d’enfer quand tu entendras la voiture se garer dans l’allée, ce qui te vaudra des grattages de ventre à n’en plus finir, double ration de bouffe qui pue, des questions sur ce que tu as fait en une semaine, si t’as été sage, si je t’ais pas trop fait chier…
(Note à moi-même, penser à me réincarner en chat si j’ai le choix.)
Après un voyage étouffant en bus je retrouve enfin la civilisation. C’est chouette la banlieue quand t’as trois ans, des moustaches, quatre pattes et une queue. Mais à 22 ans avec juste deux pattes, la ville c’est mieux.
Après avoir flâner une heure à la terrasse d’un café, je décide de rentrer à mon appartement. Dans ma rue je tombe sur un graffiti assez discret, mais néanmoins équivoque ‘’ORLÉANS VILLE DU NÉANT’’.
Un môme, un ado, un punk (ils sont rares quand même là ou je vis), un mec saoul, un royaliste ? Peut importe, tout ce que je sais c’est que celui/celle (après tout pourquoi pas une ‘’elle’’) a parfaitement raison. Le néant total cette ville. Un dortoir pour troupeau de moutons travaillant à Paris mais refusant d’aller y vivre. Ça part, ça revient, ça consomme, ça dort, ça meurt et ça recommence le même cirque sans se poser la moindre question.
Je passe devant la fenêtre du rez-de-chaussée de mon immeuble. Mon voisin est torse nu, endormi dans son unique fauteuil, la télé allumée. Il est comme ça Francis. Il fait tout dans son fauteuil. Il se rase, se lave, bouffe, dort, pète, rote, se branle, rit, pleure, gueule, aux yeux de tous. Il ne sort de son royaume en skaï que pour s’engouffrer dans sa Clio noir, direction carrefour pour acheter à bouffer.
Je mets ma clef dans la serrure de la grille d’entrée. A peine le temps de refermer cette satanée grille qui couine que Francis entre ouvre sa porte qui donne sur la petite cour d’entrée.
- Salut Francis (couché le chien de garde).
- Quelqu’un est passé hier. Un mec à lunettes.
- Ok, merci. Bonne journée.
(Moi aussi je t’aime Francis).
Je me suis toujours demander si un handicap pouvait empêcher de se faire frapper. Ok, il boite, est un peu limité question vocabulaire et contact social, mais j’ai vraiment le goût d’y mettre un pain dans les lunettes à ce con là. (Merde, c’est vrai, il est myope en plus).
Je prends mon courrier et grimpe les marches qui mènent à mon appart, ouvre la porte et prend une grande inspiration. Ah ! Chez moi, enfin !
Bordel ça pue ! J’ouvre la fenêtre du salon et me met à la recherche de la source odorante. Je ne pensais pas qu’un reste de taboulé pouvait puer autant, même après une semaine et même coincé derrière le sofa.
Après avoir jeté la plâtrée de bouffe (cuiller comprise, impossible à enlever), lu en diagonale mes factures et ma fiche de paye, j’opte pour faire cracher le peu de force qu’il reste à un vieux vinyle de samba, vestige du passé, quand mon père avait des cheveux, une barbe, des rêves, une vie.
La musique colle à l’ambiance. Avec beaucoup d’imagination et le nez bouché, on se croirait à Bahia. Dans le fond de la pièce, le voyant du répondeur qui clignote me sort un instant de mes pensées
Wow ! Deux messages ! J’ai des amis, j’ai une vie moi !
- Criiiic…Bonjour Antoine. C’est madame P… de l’hôpital porte Madeleine. Nous aurions besoin de vous ce soir. Raphaël a eu un…heu…’’ennui ‘’ la nuit dernière et il ne peut pas travailler ce soir. Merci de me rappeler dans les plus brefs délais. Au revoir.
Le poing fermé et le majeur levé, j’efface le message. Je ne suis pas rentré pour travailler. La cour des miracles qui sert d’hôpital à cette foutue ville attendra. Non mais !
Deuxième message.
- Criiiic…Salut Tonio, je suis passé hier. Tu fais quoi ce soir ? Jérôme est en ville, rappelle moi. Ciao.
Hum…Une virée avec Marien et Jérôme, ça me semble plaisant. Vider quelques pintes au Saint Patrick en regardant le gros porc de patron dessiner des trèfles d’un doigt à l’allure suspecte dans nos pintes de Guinness, pourquoi pas. Je le rappelle. Personne.
Il est dix-huit heures et je m’emmerde. La température est étouffante, dehors le silence total.
Une douche me changera les idées, mais avant, l’autre face du Brésil histoire de rêver encore…
Lune noire de Jonathan Tremblay
Ce que tu portes ce soir,
est-ce le parfum de la lune ?
Celle qui me fait boire
Pour oublier mes lacunes
Sans savoir ton nom,
Je te suis dans l'imaginaire
Entre l'image et le son,
J'entends juste ta lumière
Nu devant ton âme,
la gêne s'empare de moi
À qui va le blâme ?
est-ce toi qui me donne froid ?
Enfermé dans l'enfer
le feu brûle mes pieds
Innocenté de mes frères
Mes larmes vont-elles sécher ?
Identité inconnue
je pense à ton ombre
Toujours très sombre
t'es la couleur que j'ai voulu
Dessine ma peinture
que j'expose la noirceur
Me voici, je suis pur
Et mort dans ton coeur
Que cet écrit reste
que tu t'envoles aussi
Allez viens ma princesse
Me rejoindre au lit
T'es absente encore
Et je regarde le ciel
La lune me parle fort
Mais ton silence m'appelle
Pet pis Répète s'en vont en bateau de Guue
Y'a jamais personne qui s'est demandé : « Pourquoi est-ce que c'est pas Répète qui tombe à l'eau ? ». L'ironie du sort. C'est toujours les même qui mange les coups. Y'a aussi toujours les même qui nous en sortent. Mais si pour une fois, on réécrivait l'histoire de Pet et Répète. « Par un bel après midi ensoleillé, Pet et Répète décident de s'en aller faire un tour de pédalo. Pet décida, d'apporter un beau pique-nique. Lui et Répète allaient passer une journée inoubliable. Pet mit sa veste de sauvetage et prit place dans le sublime pédalo jaune marqué d'un magnifique et gracieux pélican. Répète, se croyant supérieur au pouvoir des eaux ne voulu pas mettre sa veste de sauvetage. Après tout, ils savaient nager! Ils partirent donc en excursion sur le grand lac qui s'étendait devant eux. Ils pédalèrent jusqu'à-ce qu'ils atteignent le centre du lac, puis se laissèrent flotter. Pet déchargea le panier de pique-nique et ils commencèrent le festin. Délicieux! Ils n'avaient jamais eu autant de plaisir à manger. C'était juste ... plaisant. Une belle journée s'annonçait à eux. * L'ironie du sort * Un coup de vent terriblement violent s'abattit sur le lac. Pet, qui en avait assez de tomber à l'eau, s'accrocha au pédalo de toutes ses forces. Répète, qui savait que jamais rien ne lui arrive d'ordinaire, se mit debout dans l'embarcation et défia les forces du vent. Il n'y avait là aucune compassion pour Pet. Simplement l'esprit de défi. Il se sentait combien puissant ce cher Répète. » Vous croyez pouvoir prévoir ce qui arrivera ? ... Hey bien la vie, quoi que prévisible pour certains, ne l'est pas pour vous. « Le vent souffla très fort et fit trébucher Répète. Celui-ci tomba sur Pet qui, à son tour, tomba ... à l'eau. » Pet s'était préparé. Pet était motivé. Mais Pet subit encore le maudit coup du sort. Peut-être qu'un jour il comprendra, que s'il ne veut plus tomber à l'eau ... il devra lâcher le maudit Répète une fois pour toute. Et C'est un cercle sans fin. Pet pis Répète s'en vont en bateau. Pet tombe à l'eau, qui reste ? ..
En musique:India de
GaïaUne année sans lumière d'
Arcade FireUn peu de rêve de
Fleurdelix et les affreux gauloisMarcel d'
ExterioFellow de
HarveeCompte pas sur moi de
Mickey 3DLe colombarium de
Pierre LapointeLe petit jour d'
Urbain DesboisÀ la semaine prochaine !