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mercredi, octobre 26, 2005

Émission du 26 octobre

J'commence avec touaaaaaaaa ! ;-)

Les textes:

Mr Mailman de Au Hasard
La ville brûle de Langue de feu
Hôpital Juif, Montréal d'Annie-Sandra
Le temps d'une cigarette d'Elkahna Talbi
Je psalmodie des choses insensées... de Mégalomane

Banc publics de Marth

À matin j’me suis assis sur un banc
Pis j’ai regardé le monde passer
Ils ont tous une p’tite vie
Bien à eux, bien remplie

Remplie de merde boueuse
D’ambitions matérialistes
Sans autres envies
Que de gagner leurs vies

Les gens r’gardent pu des deux côtés
Avant de traverser
Comme des robots carburants au café
Ils achètent leurs économies à crédit

Ah pis j’men vas.
Chuis pas lâche,
Juste écoeuré
Des gens stressés, pressés, vendus

Ici c’est Pepsi, ah oui?
Lâche moi l’Pepsi
T’es pas ma mère
Ma mère c’est ma patrie

Pis justement
J’me lève de mon banc
Devenu blanc de honte
Je reviens vers mon pays

Faudrait s’réveiller avant de tous crever
Faque si la démocratie décide d’en faire un pays
J’vas dire oui pis j’vas rester
Pour l’aider à se relever

Car c’est écrit dans le vent
Je l’ai vu en me levant
Du haut de ma tour
Où s’agite doucement le drapeau sauveur

En musique:

La recette de André
Exister de Prototypes
Chouf la gazelle de La rue Kétanou
C'est vraiment triste d'être amoureux d'Amélie Veille
Pointant le Nord de Pierre Lapointe
Poèmes de Les Hurlements de Léo
Je ris et je pleure de Daniel Grenier et les guerriers de la lumière
Les fouliens de Rocé

Merci d'avoir été là ! À la semaine prochaine !

mardi, octobre 25, 2005

Demain !

Demain, nous aurons des textes de:

Annie-Sandra
Au hasard
Elkahna Talbi
Langue de feu
Marth
Megalomane

À demain !

mercredi, octobre 19, 2005

Émission du 19 octobre

Lâchez-moi Docteur, j'ai rien fait !!! ;-)

Les textes:

Zoom arrière d'Esteban
Il faudrait de Janie Beaudoin
Rétrospecté d'Ataraxie
L'imprimante de Christian Roy
La fuite d'Olivia Stefanazzi
Il y a des choses que j'aimerais dire de Charles Bolduc
Une grande envolée ! de Réjean Raymond

En musique:

J'monte au Lac des Dales Hawerchuk
L'auberge du chat qui pète de Les Blaireaux
La faute à la pluie de Les Chiens
À bientôt de Ginette
Turlutte de Les Goules
Notre bicoque de Drôle de Sire
Le monologue Shakespearien de Vincent Delerm

À la semaine prochaine !

mardi, octobre 18, 2005

Demain !

Demain, nous aurons des textes de:

Esteban
Janie Beaudoin
Ataraxie
Charles Bolduc
Réjean Raymond
Christian Roy
Olivia Stefanazzi

À demain !

mercredi, octobre 12, 2005

Émission du 12 octobre

Vous avez envie de participer à l'écriture des textes du prochain album du groupe Plywood 3/4 intitulé Le treizième étage ? Rien de plus simple ! Écrivez une nouvelle d'un maximum de 5 pages inspiré du texte suivant:

Dimanche 13 novembre, 9H01. Edgar emboîte le pas. Sa montre indique une minute de retard. Il décide donc de prendre l'ascenseur. Lorsqu'il entre à l'intérieur, un jeune homme au costard soigné lui fait signe de salutation. Son chapeau lui cache le visage. L'ascenseur file à toute vitesse. Subitement, il s'arrête... Les chiffres 12 et 14 se mettent à clignoter au même moment. Il se retourne, le jeune homme n'est plus là... les portes s'ouvrent...

Envoyez ensuite vos textes à Plywood 3/4 à l'adresse suivante: s.dumais@gmail.com. Vous pouvez aussi visiter le site web de Plywood 3/4 au www.plywood3quart.com pour plus d'informations.

Participez en grand nombre à cet événement tout à fait génial ! À vos plumes !!!

Les textes:

L'angoisse de l'excitation #1 de Liha
Ébauche de débauche de Frédéric Maltais

Le tour pour le tout de Aigredouce

Prise 1. D'un téléroman qui perdure et qui déjà a fait baisser les côtes d'écoute.

Prise 12. D'une histoire qui se répète, qui dure (elle doit être solide) mais qui n'apporte rien de nouveau au pauvre spectateur, encore assis devant sa boîte à magie mais dont le tour ne vient pas.

Prise 62 d'une pauvre magicienne qui n'a plus de tour dans son sac.

La colombe est morte, affamée, écoeurée de manger de la bouffe à chats alors qu'elle est volatile. D'un chapeau écrasé par ces pieds de multiples acteurs, rêvant d'être découpés ou éventrés et qui quittent la scène à peine bouleversés. Et cette baguette. Qui ressemble à un mauvaise branche d'arbre, aspirant à une vie meilleure, sous des ciels éclairés artificiellement.

Et cette magicienne. Qui pour les quelques fois de ces apparitions sur scène se maquillait, question de tromper les apparences et risquant fortement de se tromper dans celles-ci. Poudre, rouge sur les lèvres tremblantes (stress?), vernis sur les doigts instables, cherchant le fond des poches, avec pour seul vêtement une cape sans poches....Mais la pauvre dame avait un talent mais pas de public. Qu'importe.

C'était un spectacle pour le moins désolant. Elle s'accaparait de ce coquetterie qui bien défendue a des lettres de noblesse mais pour une magicienne cette coquetterie devenait costumes de scènes, achetés à bas prix et qui sentait le mauvais goût.

Pourtant. Le spectacle était bon. Pause bien sentie. Attente. Reprise, montée, exclamation. Elle avait du talent. Celui du mot au bon endroit. Mais que sont des mots vis-à-vis ceux qui écrivent la vie? Pauvre magicienne. Mauvaise salle. Mauvais ville. Bad timing. Et encore, elle s'acharnait soir après soir, représentations après représentations, à plaire à son public alors qu'il était absent. C'était à la limite de l'obscène.

L'obscène de la vérité. De l'authenticité du moment qui fait peur. Car trop vrai. Cette vérité qu'on préfère ignorer car elle fait peur. Cette vérité qui se transforme en miroir, éclaboussant nos défauts, déformant nos "je voudrais comprendre", révélant nos faiblesses.

Ces miroirs, ce ne sont que des livreurs de malheur déguisés sous les traits d'une charmante magicienne qui espère vainement faire voler une colombe morte, faire apparaître des surprises sous un chapeau qu'on n'exposerait même pas dans une vente de garage de dernière chance.

La magie, c'est la chance. Du bon moment. Du bon endroit. Du bon public. Du bon talent.

Il ne reste qu'à procéder au dernier tour. Le démaquillage.

Et sécher les larmes.


La théorie du chaperon de laideur de Karina Boies

Inextricablement, le monde de la faune nocturne déborde d’étranges spécimens. On y retrouve le coq en puissance, le condescendant, le timide, l’étourdi et le pire, le chaperon de laideur. Celui-ci, de part sa constitution physique a développé moult mécanismes de défense lui permettant de décrocher sa part de bonheur. De se rêver une seule nuit en beauté plastique ou sex-symbol déluré. La planification de sa recherche de femelle urbaine lui grignote beaucoup d’espace-temps. Les scénarios qu’il se bâtit devant son miroir avant de quitter son domicile le renforcent en lui permettant d’espérer qu’enfin, la bonne soirée vient d’arriver.

Le premier obstacle qu’il rencontre est le portier. Comment déjouer cette brute qui a le contrôle absolu sur la vie ou la mort d’un convive ? C’est lui qui ouvre la porte de la caverne D’Ali Baba. Le petit cordon rouge constitue une des pires frousses pour le chaperon. Il a développé un sens de l’humour exacerbé lui permettant de transcender le fait que si le couloir magique lui est parfois autorisé, ce n’est pas à cause de sa tronche défiant les lois de l’esthétisme. Certains soirs, il réussit, certains soirs il repart bredouille.

Lorsqu’il franchit l’entrée, le voilà qui se met à rêver que « tonight is the night ». Bien sûr que son approche est celle du félin. Il rôde au travers de ses proies en se demandant laquelle il va choisir. Bof, dans le fond s’il était honnête, il répondrait à cette question qu’il va toutes les essayer car il a déjà lu dans un manuel de motivation qu’après 25 non, on finit par obtenir un oui. Premièrement, il boira un ou deux verres, question de se donner du courage. Soir après soir, il vit ce moment comme étant celui qui lui produit le plus de plaisir. Il ne s’est pas envoyé faire foutre encore, n’a pas été giflé, ni ne s’est ruiné pour payer la traite à de sublimes filles qui n’en veulent qu’à son portefeuille. Premier contact : la plus belle. Il est tellement habitué de se faire rejeter qu’il choisit toujours une icône qui le remettra manu militari à sa place. Ça brise la glace.

Il n’aura alors de cesse, que de tourner et tourner à s’étourdir autour de toutes les femelles du bar. La question que l’on peut se poser est : pourquoi ne comprend-il pas ? Pourquoi ne pas jeter la serviette ? Pourquoi être si peu orgueilleux ? La réponse est claire : cet abruti n’a plus rien à perdre. Soir après soir, il se fait dire non, non, et non. C’est devenu un mode de vie. À l’occasion, il tombe sur une fille qui a trop bu ou le prend vraiment en pitié. Les hommes savent d’instinct qu’une mère dort dans le cœur de chaque fille. Voilà pourquoi, il n’abandonne pas. Si une sur mille lui dit oui, il pourra cesser l’espace d’un soir, sa masturbation excessive et enfin goûter à un plaisir charnel. Le lendemain, tout guilleret, il rêvera de sa nuit. Même si ce fut moche. Même si la fille était finalement plus moche que lui. Voyez-vous, la théorie du chaperon de laideur peut s’appliquer à double sens et ceci, notre ami le sait trop bien. Un jour, ce sera son tour. Il n’a jamais oublié le dicton : à chaque torchon sa guenille…

Ça lui aura coûté la peau des fesses mais il réussira. Voilà pourquoi on le voit sans cesse rôder, prêt à foncer vers de nouvelles contrées inexplorées. Il n’y a pas plus tenace que lui. S’il ne plaçait qu’un dixième de sa motivation au service de choses utiles, la planète n’en serait que meilleure. Mais, notre chaperon ne veut qu’une chose : qu’une chic fille finisse par lui dire oui. Et ça, il vendra père et mère afin d’y arriver, quitte à devoir rôder le reste de ses jours dans des endroits in où définitivement il n’a pas sa place. Pour le chaperon de laideur, à chaque jour suffit sa peine…

Mes yeux de Fanny Guay

Mes yeux auront avantage à reconnaître la grâce avant même de réclamer celui qui la voit. De toute évidence j'attire irrésistiblement les yeux miroirs de mon très intime regard. Il est sans aucun doute inconcevable de berner par la plus subtile des supercheries les lois de la création. Alors voilà, lasse de tricher et de croire à mes stratégiques raccourcis, j'accepte de jouer franc jeu.

Il n'y a toujours eu que les yeux d'un homme pour me faire sentir femme. Il n'y a toujours eu que l'inlassable attente du prince fougueux, assumé et éperdument amoureux pour m'abandonner au royaume de mon insatiable besoin d'aimer. J'avoue me languir d'ouvrir la pièce où je suis princesse de lune où les poussières d'étoiles me couvrent toute entière, où je suis marraine de la douceur et de la tendresse et déesse de la grâce. Mon âme flamboie de désir et jugule comme une rivière ne trouvant que front de béton devant son élan d'amour. Et j'arrive à respirer. Il me faudra vivre en cette endroit le reste de mon existence car je vous le dis le reste me devient insupportable. Mon Être ne trouve aucune autre histoire qui vaille la peine d'éprouver quelques sensations.

Où êtes-vous ? Au delà les terres qui nous séparent, au delà l'illusion des Corps, où êtes-vous ?

Je sais avoir déjà été auprès de vous. Votre odeur est empreinte sur ma peau, et ma cicatrice me rappelle sans fin notre séparation. Je vous reconnaîtrai. . .

Il me serait extase qu'un doux contact, qu'un simple toucher vacillant entre terres et mers. Un seul instant que je puisse seulement savoir que vous existez me serait soulagement et réconfort. Ma raison se verrait alors emporter par le courant intemporel de l'espoir pour que l'image de nos deux mains enlacées demeure à mon esprit ce que la lueur est à l'obscurité.

N'ayez crainte très chers car mes fantasmes ne me font plus croire en votre venue soudaine. Je crois possible par contre, et ce, personne ne saura m'en dissuader, que vous viendrez à moi le jour où je serai une reine à mes propres sens. Alors là et seulement là je reconnais, bien qu'impatiente, j'attirerai à moi, par des forces insondables, l'homme qui me voit comme je me vois moi-même.

En musique:

Hip-Hop de Dorothée est une salope
Song for a Jedi de Dyonisos
La faculté de Pépé et sa guitare
La bonne étoile de M
Raoul mon pitbull de Odelaf et Mr D
Ok on part de Vincent Vallières
Go away de Les têtes raides
L'amour 220 volts de Plywood 3/4

À la semaine prochaine !

mardi, octobre 11, 2005

Demain !

Demain, nous aurons des textes de:

Karina Boies
Fanny Guay
Liha
Frédéric Maltais
Aigredouce

Et nous avons le grand plaisir de recevoir le groupe Plywood 3/4 en entrevue ! À demain !

mercredi, octobre 05, 2005

Émission du 5 octobre

Wèyons, c'est quoi la toune ? Wèyons, oussé que chui là ? Merde ! C'est quoi mon nom déjà ? ;-)

Les textes:

L'ombre de Constance Harrison
Bad move de Mekloug
Parce qu'on en crève de Marlène Petrovitch aka Quinavelvet
Sans mes dires de Sylvie O-4 vents
La mélodie littéraire de Nathalie Turcotte

Fable parabolique de Stéphane Larue

Les carcasses desséchées m’entourent et me révèlent des secrets pèlerins. Mes pieds ne comptent plus les pas : ils sont gris de cornes, boursouflés de blessures et maquillés par le sang sec de mon voyage. Le désert infini est ma terre purgatoire, il absorbe dans son immensité toutes les larmes de mes pensées, s’abreuve de ma colère, de mes déceptions, boit au goulot de ma rage et de mon drame. La marche en son ventre me libère peu à peu et je vais d’un pas chancelant mener une lutte ultime. Le manche du glaive me brûle la paume et le regard solaire vacille sur sa lame. Mes lèvres gercées maudissent la chaleur dans de silencieuses incantations. Beaucoup d’autres ont foulé le sol bouillant de ce désert ; chacun accomplissant son pèlerinage, admettant au grand soleil les brûlures de son âme en détresse. Ce n’est pas la souffrance ni même la solitude qui me guérit, c’est la volonté de m’enfoncer dans cet enfer de sécheresse totale. J’ai choisi de franchir cette langue maudite qui lie deux mondes parallèles d’un baiser paradoxal. J’ai choisi de renoncer à l’entre-deux et au supplice. Je me dirige vers ce monde qui semble moins beau, moins doré, moins savoureux… moins apocryphe.

Le mensonge du romantique est terminé.

Les mythes mourront comme des hirondelles abattues.

La pelure miroir se dissoudra dans les acides les plus coriaces.

Le fœtus serrera les poings et hurlera son envie d’exister.

Souvenirs disparates me reviennent par le ressac des vagues de chaleurs qui gigotent sur les dunes.

Mes perditions multiples, mes spirales congrues et mes cercles vicieux ;

La turbulence dans l’attente obsessive des instants d’intensité ;

L’orgasme délavé, le plaisir blanchi et la joie blafarde qui rythment mon agonie qui s’éternise au son de rires sans cesse encore plus jaunes ;

Mes fuites raisonnées qui me reconduisent perpétuellement à la même horreur.

Le désert happe mes dernières pensées. Mon glaive victorieux tombe sur le sable. Un genou rejoint l’autre sur le sol granuleux. Je m’affale et de mon corps glissent en myriades les dernières molécules de mes hantises. Le désert me dévore et je suis purifié.

Puis le sourire aux lèvres ensanglantées, je deviens un autre messie qui subi sa prophétie terrestre pour accéder à l’existence astrale.

La dernière fête de Dany Leclair

À chaque année, nous nous réunissons à Coaticook, chez Sébastien, pour célébrer la fête nationale. Même si ce grand rassemblement ne remonte en fait qu’aux cinq dernières années, il s’agit déjà d’une tradition. Seule une raison majeure nous empêche de venir nous réfugier là, à la campagne, en compagnie de tous nos amis. L’événement revêt un caractère incontournable, une sorte de célébration de l’amitié. Nous ne prévoyons rien de particulier. Nous installons nos tentes et nos chaises dans la cour arrière, nous allumons ensuite un immense feu de joie autour duquel nous nous assoyons. Le feu brûle sans interruption pendant les trois jours où nous sommes là. Si le goût de l’aventure nous prend, si la température devient excessive, il y a toujours la plage tout près. Mais généralement, nous restons là, à parler de tout et de rien. Surtout de rien. Nos gestes et nos silences disant souvent beaucoup plus que nos paroles.

L’an passé, quand j’ai mis le pied dans la cour, une surprise m’attendait. Malgré les récents événements, les parents de Sébastien s’étaient déplacés pour se joindre à notre petite fête. La vision de Martial et Diane, assis l’un à côté de l’autre, provoqua un incontrôlable flot de larmes qui embrouilla mon regard. Écrasé dans son fauteuil, les bras ballants de chaque côté, Martial paraissait fatigué. Les traits de son visage décrivaient toute la lassitude des dernières semaines. Il m’expliqua que c’était lui qui avait tenu à être là.

- C’est pas une petite crisette de cœur qui va m’empêcher de respecter la promesse que je vous ai faite de venir fêter avec mes petits torvisses, me dit-il d’une voix encore toute chevrotante et hésitante.

En réalité, je savais bien que sa « petite crisette de cœur » avait failli lui être fatale. Que ce qu’il décrivait comme un simple accident s’était révélé en fait bien plus sérieux, que les médecins avaient cru pendant plusieurs jours qu’il n’en reviendrait pas. Quand Sébastien avait appris que son père venait de partir en ambulance pour l’hôpital, il s’était empressé de me téléphoner. Il savait à quel point j’aimais ses parents. Presque autant que si c’était les miens. Dans les moments difficiles que j’avais traversés suite à mon divorce, ils m’avaient hébergé et appuyé. Ils avaient fait preuve d’une compassion peu commune qui m’avait sinon soulagé, du moins apaisé. Et quand l’année suivante Claude, leur plus vieux, s’était enlevé la vie, j’avais tenté tant bien que mal de les soutenir. À ce moment déjà j’avais pu sentir que la flamme intérieure de Martial vacillait dangereusement, que lentement elle s’éteignait.

Cette fin de semaine-là, en constatant sa présence parmi nous, nous nous doutions tous qu’il vivait ses derniers moments.

Dès que je l’ai aperçu, j’ai déposé tout mon fatras et je suis allé directement le retrouver. Je me suis penché vers lui et je l’ai serré très fort dans mes bras, comme pour lui communiquer la peur que j’avais eu de ne plus jamais le revoir. J’avais craint qu’il disparaisse sans que j’aie eu la chance de lui dire comment je l’aimais, sans avoir pu lui faire sentir combien j’appréciais sa présence. J’ai regardé son visage, ses yeux où scintillaient tout de même une faible étincelle de bonheur. Je ressentais toute la bonté qui avait irradié de cet homme pendant toutes ces années, tout le bonheur qu’il souhaitait léguer à ceux qu’il affectionnait. Je ne voulais pas qu’il parte, je refusais de voir mourir un être si charitable. Mais en le voyant me sourire, en sentant se déposer sur mon épaule la main paternelle qui peinait à me serrer, je compris qu’il avait consciemment lâché prise. S’il avait accepté de venir, s’il avait fait l’épuisant effort du voyage, c’était dans le but de constater le bonheur de ses trois enfants, pour tenir dans ses bras tous ses petits enfants, leur communiquer son amour pour une dernière fois. Je pouvais lire dans le paisible silence de son attitude toute la sérénité du monde.

Le jeudi suivant, quand le téléphone sonna chez nous vers vingt-trois heures, pendant les nouvelles de fin de soirée, je savais.

Je savais que j’avais perdu un père. Un vieil ami heureux. Mais que j’aurais dorénavant toujours près de moi le souvenir indélébile d’un homme simple et bon.

Repose-toi bien Martial, tu as bien appris le bonheur à tous tes enfants.

En musique:

Elle préfère les voyous de Yann Perreau
Gaspard de Alexis HK
Les chiffres vont parler de Polémil Bazar
Véronique de 3 gars su'l sofa
Y fait frette de Méchants Mwénos
Swagger de Calla
Help de Jorane
J'erre de Dumas

À la semaine prochaine !

mardi, octobre 04, 2005

Demain !

Demain, nous aurons des textes de:

Constance Harrison
Mekloug
Dany Leclair
Stéphane Larue
Marlène Petrovitch aka Quinavelvet
Nathalie Turcotte
Sylvie O-4vents

À demain !