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mercredi, novembre 30, 2005

Émission du 30 novembre

Aouuuuchhh, ça roulait donc ben carré à matin !

Les textes:

Boisclair et autres exemples de contre-productivité de Geneviève
Céréale Killer de Linda
L'homme qui coupait la lune d'Océane
Petite mère de Monik Richard
Il faut faire semblant de d'A.B.

Le verbe de Léonard de Nicolas Dickner

Je me souviens clairement du jour où j’ai découvert Leonard Cohen.

Il ne s’agissait pas d’une découverte à proprement parler : je connaissais déjà plusieurs de ses chansons et j’avais même jadis possédé (sans passion) un de ses albums intitulé The Future. J’avais beau me creuser la tête, je n’arrivais pas à comprendre ce que mes amis appréciaient tant chez ce vieux bouddhiste à la voix fatiguée.

Je me trouvais donc en Allemagne lorsque, décidant de faire un homme de moi, j’achetai The Best of Leonard Cohen dans une petite boutique de disques usagés de Langestrasse.

J’étais passablement déprimé ce jour-là. Je peinais sur mon roman depuis plusieurs semaines sans arriver à rien. J’avais l’impression de ne maîtriser ni l’histoire, ni les personnages. Pour tout dire, le manuscrit au complet me semblait verbeux et tarabiscoté. En écoutant mes deux albums de Leonard Cohen – et plus particulièrement les chansons de l’époque de Famous Blue Raincoat – j’ai éprouvé un véritable satori : le vieux bouddhiste parvenait à évoquer des histoires entières avec une impressionnante économie, avec quelques vers, quelques mots à peine.

Tout mon roman m’est soudainement apparu terriblement vain. J’ai envoyé trente pages aux poubelles d’un coup et je suis sorti passer le reste de l’après-midi au cinéma.

Chemin faisant, encore sous le choc, je me suis envoyé une porte vitrée en pleine gueule. Peu après, je me retrouvais assis dans une ambulance, l’arcade sourcillière béante, à tenter d’expliquer la situation à un infirmier monoglotte qui, de toute évidence, ne connaissait pas Leonard Cohen.

Le chirurgien, incrédule, m’a gratifié de trois points de suture.

Brume d'Anonyme

Brume.

Un voile opaque qui joue à cache-cache sur les mois à venir. Comme sur un voilier, qui va son chemin sans corne de brume… qui absorbe et épouse les courbes des vagues, douces vagues, modelant sa route. L’absence d’oiseaux rappelle la terre. La terre n’est plus à l’horizon. Qu’un soleil, trop chaud, qui brûle malgré la brume.

Brume.

Le matelot n’a plus le choix. Suivre la marée, les étoiles et le vent, prendre la voie de l’inconnu, se laisser bercer au son des clapotis… Il stagne. Néanmoins, il avance. Les heures passent et ne le font pas vieillir. Suspendu dans le temps, entre 2 continents, la brume comforte et emporte ses blessures.

Brume.

Brouillard léger, confus, les brumes de l’esprit le tourmentent. Un grand trou dans l’inconscient. Les pieds à l’eau, les yeux fixés dans l’aurore ouaté de gouttes, il aperçoit soudainement la rive, des moutons ivoires avides de sable. Un héron passe entre ses deux oreilles… et caresse sa mort d’une aile éternelle.

En musique:

Y neigeait fort de Dany Placard
Pili Pili de Karkwa
Liberté de Gou-H
J'ai soif des Batteux Slaques
J'sais pas où tu es parti de Mathieu Boogaerts
Dans le creux de mes mains d'Exilium
Et si ce n'était que la pluie de Henri Band

À la semaine prochaine !

mardi, novembre 29, 2005

Demain !

Demain, nous avons des textes de:

A.B.
Anonyme
Monik Richard de Labo
Oceane
Geneviève de Why Question
Linda des Pelleteurs de nuages
Nicolas Dickner

À demain !

mercredi, novembre 23, 2005

Émission du 23 novembre

Désolé pour le texte de A.B. , le temps nous manquait quelque peu. Son texte sera donc lu la semaine prochaine.

Les textes:

Les voix de Jacynthe Huard
Dites-nous la vérité (Manifeste de l'Authentique) d'Isabelle Ladouceur
Les patères de Marisol Drouin

Bain de Manon Joubert

John s’amuse à faire pénétrer son gros orteil dans le robinet du bain. Il fume une cigarette. C’est ce qu’il fait toujours après l’amour. Moi, je relaxe. L’orgasme me procure une détente complète. Je ferme les yeux et je revois les gestes et les sensations passés.
John est arrivé chez moi en hurlant contre sa patronne. Vilaine dispute sur des idées divergentes. Je crois qu’il n’accepte pas de se faire rabrouer par une femme. Elle ne doit pas avoir le dernier mot avec lui! Il rage, repasse de long en large leur discussion, s’éternise sur les commentaires de la femme qui n’ont ni queue ni tête selon lui. Je l’écoute sans mot dire, hochant la tête à ses propos, acquiesçant à ses plaidoyers. Il me semble fort et aguerri lorsqu’il est fâché. Je le trouve tellement sexy lorsqu’il monte sur ses grands chevaux. Oui, un étalon puissant et viril.

Semblant tout à coup redescendre sur terre, il se tait et me regarde. Il se jette ensuite sur moi et m’embrasse avec fougue comme pour extérioriser cette animosité. Il m’accote violemment contre le mur du couloir. Tout en m’embrassant, il fouille mon corps, empoigne mes seins, mes fesses. Je me laisse posséder, j’aime cette emprise charnelle et brutale. Mon bel adonis me plotte et je sens son excitation monter. Qu’est-ce qui peut bien l’exciter? Me prend-il pour sa boss? Son fantasme déguisé m’inspire une excitation incroyable bien que je me sache utilisée. Après quelques attouchements grossiers, il m’entraîne vers la salle de bain. Il me tourne face au miroir, se place derrière moi. Les mains agrippées au lavabo, je me retiens tant bien que mal pendant que le taureau en furie m’enfonce profondément sans avoir vérifié au préalable si j’étais bien huilée. Je vois son visage dans le miroir, crispé, rouge, les yeux irascibles. Je jouis, je crie, je lui répète sans cesse combien c’est bon. Il ne m’entend pas et continue sa débauche. Le voir dans le miroir me défoncer ainsi me procure une jouissance sans nom. Il me frappe les fesses, me crie des injures, me serre les seins, m’empoigne les cheveux. Un orgasme ultra puissant le vide de toute son énergie, et c’est peu dire. Le corps meurtri, je lui propose de nous détendre dans un bain chaud. Sans un mot, il m’accompagne dans l’eau, me serre contre sa poitrine, me savonne le dos. Nos ébats ont humidifié ses cheveux bouclés. Sa poitrine se soulève rapidement semblant encore sous l’emprise de l’excitation sexuelle. Le voilà rassasié. Dans quelques minutes, il va m’annoncer qu’il a une faim de loup.

4 de Petite Étoile

Je suis seule. Il est minuit et des poussières.
Je suis seule dans cette vieille maison au fin fond de la Bretagne. Cette vieille maison que je ne connais pas. Cette maison qui me fait un peu trop peur.
Ils m’ont laissée comme ça. Ils sont partis. Sans moi.
Le feu s’est éteint il y a quelques heures déjà. Je tremble. Je pleure aussi. Je ne comprends pas.

-

Je suis toujours seule. Il est 7 heures du matin. J’ai un peu dormi. Ils ne sont pas rentrés. Ils ne sont pas revenus me chercher.
Je crois que je leur ai fait peur. C’est pour ça qu’ils sont partis. Quand j’y pense, c’est vrai, parfois, je lis des choses bizarres dans leurs yeux. Comme s’ils avaient peur de moi. Réellement. Ils se taisent et puis c’est tout. Moi aussi. Et ça passe.
Mais hier soir, ce n’est probablement pas passé.

-

Six jours que je suis seule ici. Je ne me souviens plus de la dernière fois où je me suis alimentée. Je reste assise des heures à les attendre devant la fenêtre de la cuisine. Je suis immobile sur le petit banc en chêne et je souffle sur mes doigts des temps en temps. Ma tête tourne et me fait mal. Quand la nuit tombe je rejoins mon lit et je dors un peu.

-

Chaque nuit, je fais des cauchemars terribles ou la neige envahi la maison. La neige devient vivante et me mange. Des bruits horribles quand elle me croque. Je recommence à manger un peu.

-

Ils sont revenus. Ils m’ont jetée dans une voiture un peu cabossée et ils m’ont attachée. On a roulé pendant des heures. Sans faire de pause. La voiture est pleine de buée. J’ai chaud et j’ai peur.

-

Il fait nuit. Je ne sais pas où je suis. Je crois que je suis sur une route. Il pleut. Il pleut vraiment beaucoup. Ils m’ont jetée là. Comme ça, en roulant. J’ai perdu connaissance sur le bas coté. Je souffre de partout. Ma tête surtout. Je voudrais mourir, mais je n’ai pas la force.

-

La pluie s’est arrêtée et j’ai dormi dans un abribus. Un homme m’a réveillée. Il m’a violée. Je n’ai rien dit. Ensuite il m’a frappée. J’ai juste pleuré.

J’ai passé la journée allongée dans un champ de paille. J’ai la crève. Je sais que je devrais voir un médecin, mais je n’ai pas d’argent. J’ai honte de moi, de mon état. Je ne veux voir personne.

-

Dix jours que j’erre. Je trouve toujours des endroits pas possibles pour dormir. Je voudrais retourner dans la vieille maison. Juste souffler sur mes doigts pour me réchauffer et aller mieux.

-

J’ai une toux pas croyable. J’en crache toutes les cinq minutes. De la fièvre à longueur de journées. Je ne vais pas bien. Je le sais. Je ne me suis pas vue dans un miroir depuis des semaines. Les flaques d’eau parfois mais j’ai bien trop peur de voir mon visage.

-
Une vieille dame s’occupe de moi. Elle m’a accueillie un matin. Elle a fait venir un médecin. Il a dit qu’il ne me restait plus longtemps. Il lui a dit à elle. Pas à moi. Il n’a pas osé.

-

Elle m’a déposée un baisé sur le front et baissé mes paupières. Mon corps osseux et blanc sous les couvertures chaudes.
Elle connaît la mort. Elle a vu son mari mourir. Ses enfants aussi.
Elle ne pleure pas. Elle n’a pas eu peur. Elle m’envie.
Je sais qu’elle attend la mort.
Elle aussi.

En musique:

Montréal d'Ariane Moffat
Aérobie: Un exercice d'André
Au diable les avocats des Charbonniers de l'enfer
Pas de préférence de Damien Robitaille
Youssef de Mon côté punk
La folle au rang d'Ines Talbi
Mécontenté de Philippe B.

À la semaine prochaine !

mardi, novembre 22, 2005

Demain !

Demain, nous avons des textes de:

Isabelle Ladouceur
Jacynthe Huard
Manon Joubert
Marisol Drouin
Petite Étoile

À demain !

mercredi, novembre 16, 2005

Émission du 16 novembre

Les textes:

Saisonnier d'Anne-Marie Auger
Rencontre du premier type de Frédéric Mailloux
Sans titre de Valérie
Parfois je doute des détails et Avoir maille à partir de Rafaël Chabloz aka Bon pour ton poil
Saint-Artiste de Zeryt
Notes sur un désespoir habitable de Jean-Philippe Tremblay

Tout et rien de la Fée Blackstick

Tout et Rien,
qui apparaissent
soudainement
devant nos écrans;
Tout et Rien
qui disparaissent
allègrement
devant nos tourments

Les fureurs, les humeurs
les ardeurs, les clameurs;
nous ne devons rien
à ceux qui nous les réclament,
mais nous devons tout
à celles qui nous les déclament

Écrire en même temps que vivre
fait plus de Bien que de Mal;
Écrire la nuit, le soir ou le matin
ne changera rien aux sentiments
qui les ont fait s'établir
entre ceux qui les avaient bâti
il y a de ça quelques 200 ans....

Rien ne sera plus semblable,
parce que tout deviendra
réalisable..
parce que les ruelles seront
habitables
parce que les mauvais rêves
seront rétractables...
parce que les auteurs
seront misérables
quand leur chair succombera
aux charmes de
l'Inéluctable....
quand leurs bouches
trouveront
le Chemin qui mène
au Désirable

ils ne frimeront pas,
ils resteront les mêmes
que ceux qu'ils étaient,
avant d'avoir été conçus
à l'amiable..
avant d'avoir été
trouvés coupables

Comme toi, auteur,
j'ai compris
que la PEUR
n'avait plus sa raison d'être,
mais que le sens que nous
lui avions donné, l'avait...

Ce soir j'écris ce qui me
passe par la tête, avec
ce qui me dépasse d'elle;
et les blogues ont ceci
d'extravagant:
Tout et Rien deviennent ici
les personnages principaux
d'un nouveau film,
issu d'un scénario
inimaginable,
qu'il m'est trop difficile
de mettre en scène,
parce que les effets secondaires
seront trop dommageables....

comme pour boire, écrire,
rien que pour s'amuser,
comme pour boire, frémir,
rien que pour s'inventer...

Plus de son, plus aucun bruit;
la Surdité des amours interdits;
dans la Somnolence de nos Nuits,
les Soubresauts de nos ennuis

N'écrire que pour fuir le Temps,
celui-là qui nous a retrouvés
un certain soir d'été,
celui qui nous a fait le Don
de son aurore dorée,
comme le fût également celle
d'un certain matin de février...

Pour ne plus jamais se relire,
ne boire que du café aromatisé,
aller dormir dans un lit...
défait
pour rêver dans un rêve..
parfait

N'écrire que pour Nous
Ne vivre que pour Vous;
Allaiter à tous tes mots
Repartir encore à zéro...

écrit en live,
en amour
sans détour ,
ni abstention....

En musique:

Un peu de rêve de Fleurdelix et les affreux gaulois
J'ai de Guy-Philippe Wells
Dieu se pique des Vulgaires machins
Tes lacets sont des fées de Dyonisos
Jeun et con de Saez
L'hymne à la mort de Caféine
Tu m'as laissé tomber de Les gros chars

À la semaine prochaine !

mardi, novembre 15, 2005

Demain !

Demain, nous aurons des textes de:

Frédéric Mailloux
Anne-Marie Auger
Rafael Chabloz aka Bon pour ton poil
Zeryt
La fée Blackstick
Valérie
Jean-Philippe Tremblay

À demain !

mercredi, novembre 09, 2005

Émission du 9 novembre

Z'avez entendu le dernier Karkwa ? Ça troue l'cul non ?

Les textes:

Aujourd'hui déjà expiré de Shanti
Transparente d'Annick Laperrière
La poutine ou une bonne raison de rester en France de Laurent, un toulousain à Montréal
Sus aux rames ! de Marie Wright
Le siècle des multis de Marie-Chantale Turgeon
Cocuage de La grange à Nancy
Illusion de La Rebelle
J'ai peut-être fait une connerie de Pascal Uccelli

En musique:

Dans le sous-sol de The Rocketeers
Coup d'état de Karkwa
Dans le bois d'Ève Cournoyer
Apocalypticodramatic de Tryo
Si nombreux de Fred Belley
Reguine de Dany Placard
Si c'était hier de Louise Attaque
Je ne te connais pas de Prototypes

À la semaine prochaine !

mardi, novembre 08, 2005

Demain !

Demain nous aurons des textes de:

Annick Laperrière
Marie-Chantale Turgeon
La Rebelle
Un toulousain à Montréal
La grange à Nancy
Pascal Ucelli
Shanti
Marie Wright

À demain !

mercredi, novembre 02, 2005

Émission du 2 novembre

Je ne le dis pas assez souvent mais merci encore une fois à tout le monde d'être là à chaque semaine. Sans vous tous, il n'y aurait tout simplement pas d'émission.

Les textes:

Réveil de Nicolas Chaput
La fin du monde en quatre tomes... de Michael Trahan
La femme ombre et Dialogue avec une ombre de Karl Dubost
Éclat de légèreté de Bleue Book
Leon's birthday de Jocelyn Roy
Sans titre de Billy Name
Du p'tit bonhomme de Benoit Gariepy
IX d'Atrabilaire

En musique:

Matador de Mickey 3D
Les charmes du quotidien de Caïman Fu
Franchement William de As de trêfle
Les croûtes de Pépé et sa guitare
Manu Chao de Les Wampas
Le grand roque de Capitaine Révolte
Corrigan de Carl-Eric Hudon
Les deux pick-ups de Gwenwed

À la semaine prochaine !

mardi, novembre 01, 2005

Demain !

Demain, nous aurons des textes de:

Nicolas
Michael Trahan
Karl Dubost
Jocelyn Roy
Bleue Book
Benoit Gariepy
Billy Name
Atrabilaire

À demain !