Désolé pour le délai de mise en ligne mais j'ai subi une panne d'esstrissté toute la journée chez moi.
Les textes:Minuscule de Rachel des Cruelles IncognitasAllez, demain j'arrête du Chinchilla MasquéLa montagne et les zèbres rêveurs de
Marie-Ève Belleau BérubéCette histoire se déroule sur une île. Une île divisée en deux par une gigantesque montagne. Une île habitée par des zèbres et des énormes animaux qui n’existent que dans les contes. Ceux qui ne sont pas des zèbres sont ceux qui ne rêvent plus depuis longtemps, ils naissent adultes et désirent le rester.
Sur cette île aux cocotiers géants peuplée de baobabs nains, nuls n’a osé poser la patte sur la montagne. Les zèbres restent sur le sable et contemplent l’infini en se demandant ce qu’il y a au bout de cette mer et les gros animaux des contes se font des cabanes au cas où il se mettrait à pleuvoir. Pourtant, il n’a jamais plu sur cette île et cela n’arrivera jamais, dieu le sait! Et les zèbres aussi!
Avant de commencer cette histoire, nous devons immédiatement cesser d’appeler les énormes animaux «des énormes animaux ». Les zèbres leur ont trouvé des noms. Ce sont les « énormaux » si on vient de l’est de la montagne et les « anormaux » si on vient de l’ouest. D’ailleurs une réunion qui aura pour titre : « A-t-on besoin d’un néologisme pour les grosses bêtes », se tiendra pour avoir une meilleure appellation de ces monstres. Sur cette île, il y a beaucoup de réunions sur divers sujets, mais seulement les zèbres s’y intéressent. Il faut dire que ce sont des créatures divines et qu’elles sont dotées d’une forme d’intelligence qui frôle l’insulte quand on pense à ce que nous, humains, avons comme cerveaux. Ces réunions se déroulent généralement sur le côté sud de l’île. Ces rencontres se finissent par une grande fête où l’on allume un grand feu et où l’on fait calciner des guimauves.
Pour bien comprendre la vision des zèbres de l’est et de l’ouest de la montagne, je dois céder la parole aux conjointes des chefs de chaque côté, les « zèbrelles » derrière les grands zèbres. Commençons par Madame Ouest, Betty.
- Mon conjoint, Bobby, est un petit zèbre intrépide, aimé et apprécié de tous tout particulièrement pour sa compréhension, son pudding chômeur ainsi que pour les bruits étranges qu’il peut exécuter en mastiquant les jupons des nonnes de la Sainte-Perpétuité-des-Bénis-Sois-Tu. Il caresse un rêve depuis son jeune âge, celui de gravir la montagne qui nous sépare.
Écoutons maintenant la conjointe du chef de l’est, Madame Est, Néo.
- Gezed Hessen est un beau et noble conquérant des poissons chats à dent de scie et des hippopotames à la dent creuse. C’est un fier quadrupède élancé. Son nom lui donne des allures de mystère et de divines boules de gomme. Mais sous ses allures de grand zèbre, se cache un « zèbreau » qui n’a qu’une envie, celle de se hisser hors de tous doutes sur cette montagne qui nous fait de l’ombre.
Et bien sûr, il y a l’opinion des anormaux-énormaux sur cette idée d’escalade.
- Monter la montagne. Saleté de zèbres « pelleteux » de nuages! Ça va finir en catastrophe! Comme l’histoire de la Tour de Babel! Ils veulent se rapprocher de dieu sans le savoir! Qu’ils en subissent les conséquences.
Mais les zèbres faisaient les durs de la feuille, ils savaient que leur idée ne tirait pas de l’utopie. Ils étaient aussi conscients qu’eux aussi, dans des moments de faiblesse, ils arrêtaient de rêver.
Et hier matin, après une réunion endiablée où des kilos de guimauve ont été avalés, les zèbres ont décidé d’accomplir le rêve de leur vie, voir plus loin que le bout de leur museau. Avec leurs petits baluchons contenant des biscuits et des photos de famille, ils ont gravit la montagne. Au pas de course! Ils voulaient toucher le ciel le plus rapidement possible.
Après une heure, ils y étaient. Bon, d’accord! Vous me direz que ce n’était pas une grosse montagne, que ce n’était pas un si gros rêve que ça, mais c’était LEUR rêve, et nous ne sommes pas ici pour les juger…
Et vous voulez sans doute savoir ce qu’ils ont vu sur cette montagne. Du haut de cette montagne, ils ont vu d’autres îles. Et ils se mirent à rêver de plus belle. Et ils étaient heureux, et c’était la fête encore et encore. Et parfois, un zèbre jetait un coup d’œil en bas et se disait qu’il n’y avait plus de place sur la plage pour faire des cabanes anti-pluie.
Marmiche de
Charles Bolduc, rédacteur en chef du magazine littéraire
J'écrisY a des histoires qui sont faites pour être racontées
Pas pour être vécues
Des histoires qui s’inventent pas
Passque personne les croirait
Celle-là c’est l’histoire d’une fille
Une amie d’enfance
Une fille toute simple
Toute simple que ça pourrait être n’importe qui
Pis qu’des comme elle y en a au moins trente qui vont lire ça
En tout cas
Marie-Michèle qu’a s’appelait
La grande Marmiche
Un peu trop maig’
Avec des freakles sué joues
Sué-z-épaules pis ent’ les seins
Avec un grand sourire de fille gênée
Étampé dans face
Un sourire plein de gencives
C’était pas beau
Faque Marmiche c’soir-là
A’est montée chez l’voisin
Celui d’en haut
Qu’a connaissait pas beaucoup
Mais qu’a savait qu’a soir
C’tait sa fête
Vingt-sept ou vingt-huit ans
A’était pas trop sûre
Mais c’tait pas grave
A voulait y dire
Y souhaiter bonne fête
A savait qu’y avait personne dans vie
Le gars d’en haut
A les aurait entendus la nuitte
Les cris
Les oh oui, encore !
Pis les grincements du lit
A les aurait entendus
Si y avait eu quequ’un
Mais alle entendait rien
Lui
C’tait un grand roux
Mal rasé
Assez shapé
Du genre qui t’fait l’amour
Pis qui s’crisse de toé après
Un rough
Elle ça la faisait triper
P’t-être qu’alle avait jusse envie d’se faire sauter
Pour se prouver qu’alle existait
P’t-être qu’après toute alle avait jusse envie d’une queue
Pis d’croire toute une nuit qu’a pourrait être capable de l’aimer
C’te queue-là
Pour toute une vie
Alle avait besoin d’croire à queque chose
La grande Marmiche
A s’sentait un peu perdue
Un peu tu-seule
Pis son rouquin c’tait comme une bouée qui fallait pas qu’a rate
Une bouée en plein déluge
A l’connaissait pas ben ben
A l’croisait des fois
Dans l’escalier
A y disait salut
Pis lui y faisait un p’tit signe d’la tête
En la r’gardant par en d’sour
Avec des yeux qu’a trouvait don’ mystérieux
Faque là a dev’nait tout rouge
C’tait plus fort qu’elle
Pis l’soir avant d’se coucher
Alle allait s’imaginer des affaires
Des affaires avec le gars qui s’en v’nait chez elle
Pis qui la déshabillait
Qui mettait sa gueule de barbare là où ça sent un peu fort
Pis qui faisait des affaires cochonnes que j’raconterai pas
Mais qu’a trouvait pas mal excitantes
Faque Marmiche c’soir-là
Alle a pris son courage à deux mains
Pis a’est montée
Avec du vin à quinze piasses
Dans un sac en carton
Pis deux centimètres de gencives
Accrochés dans face
C’était pas beau
Alle a cogné à porte
Trois p’tits coups secs et nerveux
Toc-toc-toc
A s’tait préparé queque chose
Une phrase pour avoir l’air intelligente
Queque chose à dire quand y allait ouvrir la porte
Mais a s’rappelait pus de rien
Alle avait toute oublié
Comme quand c’est à not’ tour
Pis qui faut parler d’vant l’monde
Alle avait la tête vide
D’un vide qui s’remplissait d’vertige
Alle allait pas ben Marmiche
Quand la porte s’est ouverte
Pis que
Pis qu’son rouquin est apparu
Alle a voulu y dire queque chose
Ouvrir la bouche tsé
N’importe quelle connerie
Y fallait qu’a parle
Sauf qu’a’était pas capable
Alle allait pas ben Marmiche
A feelait weird
La vue qui s’trouble pis les oreilles qui bourdonnent
Des étourdissements pis des chaleurs
A feelait mal
Tellement qu’a s’est mis à vomir
Avec des bruits qui s’imitent pas
Pis des couleurs de yogourt moisi
A y a pitché ça un peu partout
Sué vêtements pis sul tapis
Au p’tit bonheur de comme ça sortait
Pis quand y est pus rien resté alle a pleuré
Comme ça
À quatre pattes sul tapis d’l’entrée
Les mains dans son vomi
Alle a faite ça joliment
Sans retenue
Même après qu’les flics soient arrivés
Pis qu’n’importe quelle aut’ à sa place aurait essayé de paraître normale
Le pire c’est qu’y ont agi comme si y avait rien
Comme si la fille qui buvait ses larmes dans son coin
Comme si alle existait pas
J’sais pas pourquoi
P’t-être passque ça a queque chose de surréaliste qui les a fascinés
Eux les poulets
Une sorte d’envie d’installer ça chez eux
Sul vieux divan brun de l’Armée du Salut
Dans l’salon
Une fille-fontaine qui brasse les épaules
Comme si a riait
Une madeleine qui s’écoule en silence
Ploguée sua hose comme un ange qui pisse à journée longue
Ça impressionne la visite
Les policiers ont parlé avec le gars
Ç’a pas été long
Deux trois minutes
Pis là y ont pris Marmiche chacun d’leu bord
La pauv’ Marmiche qui continuait d’brailler
Qu’y était pas vraiment là
Y l’ont amenée au poste
Pour qu’a dessoûle
De ses fantasmes
Y l’ont pas battue
Y l’ont pas violée
Y y ont jusse dit d’se fermer a yeule
Pour qu’y puissent jouer au poker tranquilles
Faque a les a écoutés
A se l’est fermée
Pis quand y l’ont libérée l’lendemain
La première chose qu’a faite
A’est allée téléphoner à son père
Qui était p’t-être la dernière personne qu’alle aimait
Mais comme y était pas là
Alle a laissé un message sua boîte vocale
Un message tout bête où a disait à son pôpa qu’alle l’aimait
Un message qui t’nait su’ un bout d’tape de queques centimètres
Des centimètres que l’paternel a passés
Pis r’passés pis r’passés
Sa tite fille, sa Mimi, sa Marie-Michèle
Des centimètres qui ont tournés souvent
Trop souvent
Pis qu’un jour ç’a été fini
Passqu’le tape était scrape
Pis qu’dans c’temps-là y a pus rien à faire
A s’est rendu chez elle
La grande Marmiche
Alle a mis une toune de Pink Floyd
Alle a pris son temps
Alle a toute installé
Pis l’bruit sec que ça a faite quand la chaise est tombée sul côté
Pis les cris qui ont pas trouvé le ch’min
Qui sont comme restés coincés dans gorge
Non
Personne y a faite attention
Évidemment
C’est jusse vers l’heure du souper
En v’nant voir comment qu'alle allait
Que l’rouquin d’en haut l’a découverte
Pendue dans son apparte
La chaise à terre
Le silence
Le temps qui a arrêté de bouger
Le cou pis la ceinture
Pis la poutre au plafond
C’est bizarre un pendu
Qu’y s’est dit
On sait pas trop si c’est mou
Si c’est raide
On voudrait ben toucher
Donner des coups
Pour voir
Comme dans un punching-bag
Mais on l’fait pas
C’est bizarre un pendu
C’est comme une vieille poupée
Avec d’la vitre à place des yeux
Avec la tête qui penche par en avant
Pis un sourire à vous donner froid dans l’dos
Un sourire qui est pas un sourire
Pas un des siens en tout cas
Pauv’ Marmiche
Mais p’t-être ben celui d’la mort
Une sorte de grimace
Un hurlement figé
Avec des gencives qui ont l’dernier mot
Jusqu’à fin
Des gencives qui vous hantent pour le restant d’vos jours
C’était pas beau
Y a des histoires qu’on préférerait qu’y soient pas vraies
Des histoires qu’on aimerait ça pus y penser
Pis pouvoir continuer
Des histoires qui s’achèvent pas d’la bonne façon
Passque les histoires
Si c’tait jusse de moi
Y s’arrêteraient jamais
En musique:Si la vie vous intéresse des Cowboys Fringants
Mononcle Prémi de Mes Aïeux
La Mère-Nowel des Béruriers Noirs
Tasse-toi donc de dans le chemin de WD-40
La vie n'est pas qu'une salope de Yann Perreau
26 décembre dans un centre d'achats de MAP
Non non rien n'a changé de Billy ze kick et les gamins en folie
Station balnéaire d'André
Soyez des nôtres la semaine prochaine pour notre top 8 musical de l'année !