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dimanche, février 26, 2006

Émission du 26 février

Les textes:

Tic Tac de Barbara Ruffet
Première en La majeur de Stéphane l'acuponcteur de l'âme
Montréal dans le rétroviseur de Pierre-Léon Lalonde
Transport de flocons du Sud de Sandra Doyon
Il y a encore un hiver d'Oxymore

Préambule à une frustration de Mélanie Grenier

Sans retour j’aurais pensé qu’un jour j’éprouverais la douce convoitise de mon souffle infect.

Jamais au grand jamais je n’aurais songé à énamourer que moi.
Terminer seul au monde secouru de toute cette frivolité extérieur qui me répugne et me banni.

Évadé de tout ce qui peut ressembler à un sentiment quelconque.

Je ne connais rien et je sais tout, ma vie est un grand vide, je suis à l’état brute…Je suis Dieu.

Je suis la personne que vous ne voulez pas tamponner, mais dans cette phobie de la perfection, vous me désirez et appréhendez mon oblation.

Pour qu’à ce moment précis votre corps et votre âme soient d’une déité tel que ma plénitude;
Celle-ci restant le mystère de mon épanouissement emprisonné.
Séquestré et à mort de ces propos niais que la terre entière pleure constamment pour échapper à son propre sort…j’ai du dégoût et de la pitié...
Este estado antipático de mi parte vuelves y vengo para buscar mi venganza.

Ma vengeance je l’aurai quand je me jetterai sur la terre entière et de voir vos visages pétrifiés au sol saura satisfaire les lueurs de ma gloire.

Je ne connais rien et je sais tout, ma vie est un grand vide, je suis à l’état brute…je suis Dieu.

Je ne crains rien je suis intouchable vous goûterez a ma rancune infinie.

Démesuré est la rage qui me parfume de cette onctueuse frénésie.

Mon parachèvement se contemple dans son vécu et ses connaissances méprisées dans mon karma.

Je suis un Être soumis,
Déférent : méfiez-vous,
Mon insurrection sera interminable vous en expulserez jusqu’à propagation absolue.

Vos spéculations sont et moisiront avec se qui restera sur cette planète.

Nous sommes à l’aube du châtiment universel.
Maintenant
À tous les originels de cette guérilla suppliez moi pêcheurs afin que je renaisse miséricordieux.

J’ai souvent demandé pardon avant cet aliénation, mais me l’avez-vous accordé, m’avez-vous absolu de mes fautes qui en vérité prenaient vie en vos vices.

Je connais tout et je ne sais rien, ma vie vous l’avez résolue, je suis à l’état originel, j’étais un pénitent.

Je suis à présent votre création,
Je suis la Création.

Je me créé et me consume en mon âme souillée.

C’est à mon premier souffle que vous avez avalé mon cœur le laissant errer dans vos contemplations.

J’ai perdu la vie au premier instant et j’ai façonné le reste de mon existence dans vos illusions.

La vie est une série d’images abstraites dans lesquelles on choisies celles qui dessinent le parcours.

Vous m’avez volé.

Je connais tout et je ne sais rien, ma vie vous l’avez résolue, je suis à l’état originel, j’étais un pénitent.

Je suis maintenant créé
Acheté par le Diable
Faites attention :
À présent…
Je ne connais rien et je sais tout, ma vie est un grand vide, je suis à l’état brute…je suis Dieu.

À présent vous me connaissez, pourrez-vous mettre fin à cette soif qui me lève au-dessus de vos cervelles et me crève les yeux et le cœur de douleur.

Comment connaître la douleur. Elle résulte d’une unique force qui est l’amour.

La torture d’un poignard qui vous transperce le cœur et le réduit en bribes de souvenirs taciturnes.

La déception qui ronge vos pensées et inonde le sommeil absent,

C’est à ce moment où vous me trouverez : je suis la pieuvre qui vous mate le gosier et le remonte jusqu’au cœur.

Je ne dors plus. Je sens
les coupables me palper l’âme et me salir la foi

Pur et modeste de mon être, l’amour l’a anéanti je suis de pierre et je méprise les grands âme sœur.

Trouver ma seconde moitié est une quête à jamais oubliée. C’est pourquoi je me révolte contre ces amants perdus.

Vous êtes prédestinés à vous désunir. Je vous ai conçu et infligé la mort. Elle demeure votre unique fatum.

Il y a trop de temps que mon indifférence à l’amour déambule. Et tous ces pleures m’expirant la passion m’ont immolés.

Je n’ai pas le cafard, au contraire, je suis en hilarité devant toutes ces querelles et ces discours futiles.

La vérité vous y goûterez comme moi : à votre dernier soupir.

La mort de ma philanthropie se résuma à l’ascétisme de mon esprit.

Avec toute cette colère je n’arrive plus à avoir l’esprit tranquille. La haine me domine et l’amertume m’attache à vous qui avez une Âme mortelle.

Respirez je me sens clément. Vous échappez à mes injures l’instant d’une bouffée :

Je ne veux plus rien savoir, je suis à l’état de nullité, je me crains, je suis une menace aveuglée.

Vous m’avez rendu fou avec votre pouvoir et votre contrôle. Je sais ce que l’amour m’a fait et elle m’a rendu sauvage. Elle a le pouvoir, elle est une loi.

Avec votre aide elle a fait de moi son esclave, sa proie facile et je lui tourne le dos sans regret.

J’étais une victime et je me suis fait plus grand, je suis le Tout –puissant, le bourreau des vivants.


En musique:

La censure pour l'échafaud de Loco Locass
Asphalte (Domi Lucide remix) de Navet Confit
Combustion lente d'Ariane Moffatt
Cecilia's children de Plajia
Cuisine de Dany Placard
Station balnéaire d'André
Ton plat favori de Malajube

À dimanche prochain !

vendredi, février 24, 2006

Dimanche...

Dimanche le 26 février 2006, nous aurons des textes de:

Barbara Ruffet
Stéphane l’acuponcteur de l’âme
Mélanie Grenier
Pierre-Léon Lalonde
Sandra Doyon
Oxymore

À dimanche !

dimanche, février 19, 2006

Émission du 19 février

Les textes:

Jour de tristesse de Patofville
De plumes et de temps de Mamzelle Marie
Depuis ce matin (1h00 A.M.) de Monsieur W.
Mademoiselle S. est démolie de Mademoiselle S.
Le lion rouge, la grand-mère et l'enfant de Line Gingras

Zone de confort de Geneviève Desrosiers

Je le regardais se débattre avec le presse-ail. La pelure emprisonnée entre les dents de l’ustensile rendait ses gestes plus secs. Mais il ne disait rien. Pas un mot d’énervement. Seulement les doigts qui s’agitaient, les coups de torchon qui devenaient plus vifs. Ce n’était pas un homme bavard, je l’avais remarqué, depuis le temps.

Il était aussi d’un prévisible effarant, en tout domaine de sa vie. Au frigo : des légumes verts, des fruits rouges un pain multi-grains, de la viande blanche, du yaourt aux bleuets… Le lavage et le marché le samedi, l’aspirateur dans sa chambre le dimanche, les poubelles le lundi. Levé à 7 h 30 à la deuxième sonnerie du réveil. La fin de semaine, il poussait la paresse jusqu’à 9 h 30. Couché vers 22 h 30, après les nouvelles, avant les sports. Jamais vu une autre fille que moi entrer ici, bien qu’il ait découché à trois reprises. Sa douzaine de condoms n’en compte plus que neuf.

Je le regardais donc laver la vaisselle, à mes côtés. J’avais le linge à essuyer entre les mains, les siennes étaient pleines de mousse, ses lunettes étaient embuées par la vapeur de l’eau trop chaude. « Il faut bien désinfecter », c’est ce qu’il pensait, je l’aurais juré. Voilà bien trois ans que nous faisions la vaisselle ensemble presque chaque soir, sauf le lundi, car il allait au badminton, et le mercredi, où il nageait. Le reste du temps, c’était lui au lavabo, moi au linge.

La scène se reproduisait souvent avec le presse-ail ou la râpe : nulle protestation (c’était moi qui me servais de ces instruments casse-ongles, mais il était trop poli pour le remarquer), mais je voyais bien les doigts qui s’emmêlaient, qui gratouillaient énergiquement, de plus en plus frénétiquement, jusqu’à ce que plus aucune trace de nourriture ne souille l’ustensile.

Je le regardais ce soir et j’avais envie de lui dire « Allez donne-moi ça, je vais le faire, ce sera pas long, tu te fais toujours chier avec ce truc, c’est mon tour. » Mais je me suis retenue. Depuis le temps que nous regardions la télévision ensemble, chacun à notre extrémité du fauteuil. Après les années à manger à la même table, le nez plongé dans nos sections respectives du quotidien. Il y avait aussi les séances de ménage, les discussions sur la déco, les journées d’entretien saisonnier. Il y avait toute cette intimité feutrée, et pourtant je n’osais pas lui dire spontanément « Allez, je t’aide. » Je ne m’arrogeais pas ce droit de le bousculer dans sa routine. Et puis je n’aurais pas su m’arrêter à cette phrase.

Si j’avais osé, j’aurais dû m’approcher de lui, lui poser la main sur l’épaule, lui prendre le presse-ail des mains, peut-être frôler ses doigts… Et à ce moment-là, je le sais, je n’aurais pas pu freiner mes gestes. Car moi aussi, j’avais pris mes habitudes dans cette vie à deux, dans nos distances familières.

Habitude de le regarder s’absorber intensément dans chaque tâche qu’il entreprenait. Une recette de porc comme une soirée de repassage créaient ce froncement des sourcils qu’ont les enfants sur un dessin. Envie de devenir cette pâte entre ses mains. D’attirer son attention précieuse sur autre chose que les banalités du quotidien : « Je suis là, ne vois-tu pas les courbes de mes hanches? »

Habitude de l’attendre pour manger, le soir, afin d’échanger deux mots, mais deux mots seulement!, sur nos journées. Rêve d’un vrai souper en tête à tête, ses yeux dans les miens. Habitude d’entendre la porte d’entrée, lors de sa sortie hebdomadaire, puis son pas dans l’escalier, avant de m’endormir paisiblement. Fantasme de sentir l’air frais sous les draps soulevés, puis de percevoir sa peau contre la mienne, ses lèvres sur mon cou.

Habitude de filer à la salle de bain juste après sa douche, pour m’emplir le nez de son odeur. Désir violent d’entrer plus tôt, de le surprendre et de le rejoindre enfin. Il m’est aussi arrivé, mais seulement quelques fois, d’utiliser sa serviette encore humide au sortir de ma propre douche. Et je dois confesser un geste insensé : lorsque je le savais à l’extérieur de la ville pour une nuit, il m’est arrivé, à deux reprises, de me glisser entre ses draps. Ainsi, je posais ma tête près de la sienne, nos sueurs se mélangeaient, je me lovais contre lui pour quelques heures. Il ne me résistait plus.

Mais surtout, j’avais pris cette manie de lui voler une image du coin de l’œil, lorsqu’il sortait de sa chambre, le matin. Le visage barbouillé, les cheveux défaits, enfin naturel, encore frais de son sommeil. C’est alors que je le préférais, quand il n’avait pas repris ses esprits, quand il n’avait pas ce contrôle impressionnant, et exaspérant je dois l’admettre, de lui-même, de ses gestes, de ses pensées... Ce moment rare où je sentais enfin son regard ouvert sur la vie à saisir, et non plus uniquement sur la routine de son, de notre quotidien. Ces quelques secondes où je pouvais croire qu’il laisserait mes fantasmes se poser en quelque recoin de son bassin, un jour.

Alors ce soir-là, en faisant la vaisselle, malgré ma lourde envie de provoquer quelque chose en lui, de le bousculer, de le toucher surtout, il faut le dire, de plaquer mes mains sur ses bras et de les obliger à m’enlacer, parce qu’il aurait résisté (« Non, mes mains sont trempées »), eh bien malgré, ou grâce à ce désir qui me retient ici depuis trois ans, je me suis tue.
Je l’ai regardé se débattre avec l’ustensile. D’un coup de cure-dent précis, les sourcils froncés, les lunettes sur le bout du nez, zoup! il a décoincé le dernier morceau d’ail. Il a remonté ses lunettes d’un doigt savonneux, a bien inspecté son œuvre, a rincé le presse-ail et l’a déposé sur le comptoir pour que je l’essuie.

En musique:

Casse-Cou de Malajube
L'as de pique d'Arseniq33
Disco génétique de n=1
Boytoy with me the joy de Le nom
Cold wind d'Arcade Fire
La galérien de Corbach
C'est assez d'Ève Cournoyer

À dimanche prochain !

vendredi, février 17, 2006

Dimanche...

Dimanche le 19 février 2006, nous aurons des textes de:

Geneviève Desrosiers
David-Stéphane Bélanger
Line Gingras
Monsieur W.
Mademoiselle S.
Mamzelle Marie

À dimanche !

dimanche, février 12, 2006

Émission du 12 février

Les textes:

L'art est comme une bouffée d'air frais d'Annie-Claude Lacroix
Il part de Magnétisme
Rwanda 04-94 de Bertrand Halle
Campagne électrorale fédérale de François Giroux
'Cause everybody wants a dream de Marie-Pier Daigle
On passe à autre chose de Nathalie L'incrédule

En musique:

Last call de Carl-Éric Hudon
Qui ne dit mot qu'on sent de Simon J. and the Fuckingrüvin Virtual Dumb Band
Mourir la face dans slush de WD-40
Discotek de Pillow
Sur le viaduc d'Insomnie
Alice et June d'Indochine
Juliette de Vincent Vallières

À dimanche prochain !

vendredi, février 10, 2006

Dimanche...

Dimanche le 12 février, nous aurons des textes de:

Annie-Claude Lacroix
Bertrand Halle
François Giroux
Marie-Pier Daigle
Nathalie L’Incrédule
Magnetisme

À dimanche !

dimanche, février 05, 2006

Émission du 5 février

Les textes:

Visage de Gilles-Marie Chenot
Blogosphère de Coyote Inquiet
Sans titre de Louis-Philippe Day
Ô. d'Anitta
Le portrait de Guillaume Mansour
36 heures de Véronique Rouleau
Peur du vide de Paul Labrèche

En musique:

La vie est ailleurs des Chiens
Magical Mind de Harvee
L'amour en 2 couleurs process d'André
Mourir pour le Canada de Mononc Serge
Papillons chrysanthèmes de Mara Tremblay
Au téléphone du fun de Bungalow
Swing away de Comme un homme libre

À dimanche prochain !

vendredi, février 03, 2006

Dimanche...

Dimanche le 5 février, nous aurons des textes de:

Gilles-Marie Chenot
Coyote Inquiet
Louis-Philippe Day
Anitta
Guillaume Mansour
Véronique Rouleau
Paul Labrèche

À dimanche !